14.06.2005

"Les mots bleus": Le dernier des grands compositeurs de pop à la française

Voilà un album qui ne contient pas moins de 3 tubes qui ont marqué une époque. Celle de mon adolescence. Les slows langoureux dans les bras des filles dans un coin de garage... Les jukes-boxes des café du port de La Rochelle qui crachaient à tue tête « Senorita »... Ça ne nous rajeunit pas, les amis!

Le titre éponyme qui démarre l'album avec flamboyance, majestuosité, virtuosité est probablement le plus beau des titres écrits par Christophe. Les musicos qui accompagnent le petit blond, tous requins de studio émérites, assurent et n'ont rien à envier aux great britons.


A aussi ma préférence le nostalgique « Drôle de vie ». Piano et sobriété. Et sincérité: « Pourquoi faut-il cacher ses larmes quand on vieillit... » susurre l'artiste. Aujourd'hui plus qu'hier, ses mots me bouleversent. Quant à « La mélodie », c'est un ravissement de singularité et de puissance. « Le petit gars » me touche aussi avec ses langueurs dans la voix, son côté désespéré et son climat électriquement lourd. Et que dire des « Mots bleus »! Le summum! Le style! Le grand art! La touche du Bevilacqua amoureux fou des femmes, des bagnoles, des jukes-boxes et d'une certaine imagerie US, celle des 50'.

Allez, si vous ne connaissez pas encore Christophe, oubliez « Aline », « Les marionnettes » et autres chansonnettes de la première carrière de cet auteur compositeur aussi rare que talentueux. Laissez-vous bercer par cet album indispensable et incontournable de la chanson française.

Mais pourquoi tant d'économie de moyen dans la réédition? Pochette hideuse, ni livret ni infos. Juste le minimum. Et c'est bien peu... L'homme aurait mérité mieux!

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