19.06.2005

"Blemish": Des sons, une voix

Hypnotique. Dépouillé. Inaccessible. Irritant parfois. Comme ces sonorités étranges qui se succèdent, se chevauchent par vagues. De la musique hallucinée!

Même pour un admirateur inconditionnel du sombre David, l'écoute première laisse... Comment dire... Débousolé. Stupéfait par autant d'audace névrotique. Car à n'en pas douter, l'artiste est en souffrance. Cette voix sublime, torturée à la manière d'une Nico mâle, enfin ressucitée. Et ces multitudes de dissonances comme dans "The good son" qui font de la guitare accoustique un instrument de torture. Les fêlures de "The only daugther" qui surprennent laissant croire que le cd est rayé au point de reprogrammer le titre pour vérifier si c'est bien un effet et non une défectuosité. La réverb sur la guitare de "The heart knows better" qui semble appuyer le propos sussuré par l'âme d'un zombie extatique. Je frissonne. Mon sang se glace. Et mon coeur le sait bien mieux que nul autre.

De construction, il n'est point question sur cet album épuré. Pas de construction de facture classique s'entend. Mais un enchevêtrement de climats sombres, obscures où la voix lancinante résonne comme un appel à la prière.

Pas étonnant que l'artiste est voulu couper les ponts avec les majors. Il fallait en passer par là, par Samadhisound, pour qu'il puisse nous produire ce petit bijou rare et précieux. Une perle que l'on ne cesse d'admirer pour s'imprégner de sa magique quintessence. Et plus je la regarde, plus je l'écoute, plus ma compréhension s'égare au profit du simple plaisir d'en jouir.
Reste à préciser que ce disque occupe une place à part dans la discographie de l'élégant Sylvian. Il n'est certes pas mon préféré et je ne le conseillerais pas à quelqu'un qui souhaiterait découvrir l'artiste qui se peroxydait et se fardait les joues du temps de Japan. Parole d'un adepte des tous premiers balbuitements musicaux!

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