27.06.2005

Gay pride: droit de réponse et de controverse.

Après lecture et relecture des blogs d'erinaceus et matoo, je me lance dans la polémique. Car polèmique il y a!

En préambule, je dois écrire que je ne participe pas à la Gay Pride. Par conviction de l'image faussée qu'elle donne de la communanuté homosexuelle; si communauté il y a. Et par volonté de ne pas afficher de fierté.
Objectivement, peut on, doit on se sentir fier d'être gay? Y a t il une quelconque fierté à afficher son homosexualité? Et conséquemment, doit on avoir honte d'être hétéro? Ou encore, ne pas afficher sa fierté homoseuelle signifie t il que l'on est un pédé honteux. Qui se cache. Se nie. Se dénie... Ma réponse est tranchée: non!

Oui, je ne suis pas fier d'être gay. Non, je n'ai pas honte d'être homo. Je veux qu'on me foute la paix. Qu'on m'oublie. Tout simplement! Qu'on me laisse vivre avec les mêmes droits que n'importe quel citoyen lambda. Car mes devoirs, je les assume pleinement. Et ce ne sont pas des devoirs d'homo mais de citoyen: travailler, payer des impôts et contribuer ainsi à l'économie de mon pays et au développement des mesures sociales pour tous sans distinction d'appartenance communautaire, religieuse, philosophique et politique.

Afficher sa fierté homosexuelle c'est pour moi aussi grotesque et ridicule que la fierté d'être blanc ou juif. Noir et musulman. Catholique et d'extrème droite. Aussi réducteur de la notion d'individu si riche si l'on veut bien dépassé justement les clivages, les communautés.

Les communautés, justement parlons en! Elles concentrent en leur sein, et ce n'est pas un moindre mal, le risque de dérive communautariste qui engendre le repli sur soi et l'exclusion de l'autre, le différent. Le concept de communauté homosexuelle est donc pour moi une idée fumeuse. Parce qu'il n'y a pas un stéréotype, ni même un archétype d'homosexuel.

Il y a des profils multiples qui ne peuvent se résumer à des images caricaturales, à des standards façon Village People. Le look cuir SM, l'ouvrier body buidé, la follasse décolorée, l'intello sombre tout de vert de gris vêtu... Voilà des codes dérisoires propres au monde interlope des nuits parisiennes branchouillardes. Bien sûr vous retrouvez les mêmes pâles copies en province. Avec le ridicule en plus car encore plus visibles, exposées et donc décriées. Un semblant de fête à l'imagerie poussive! Comme si le quotidien n'était fait que de disco, techno, poppers... De culs bien galbés qu'on exposent comme de la viande fraîche qui se trémousse sur le dernier tube remixé de Chantal Goya ou la nièmme compile de Dalida. N'oublions pas les icônes! Toutes plus ringardes les unes que les autres. Ajoutant s'il en était besoin, un peu plus de pathétique...

Vous l'aurez compris, je ne me reconnais pas dans cette communauté là. Et au risque d'apparaître redondant: je ne me sens pas fier de ma sexualité.

Il faudra bien arriver à des comportements plus matures, plus réfléchis si l'on veut un peu de reconnaissance. D'acceptation. Car franchement, peut on décemment défiler à la Gay Pride avec une plume dans le trou du cul et réclamer le droit à l'adoption... Ou encore en constatant le déplorable problème du barebacking... Pas étonnant que les hétéros majoritaires à l'Assemblée Nationale, bloquent sur une telle demande. Peut on être crédibles dans un rôle éducatif en nous présentant attifé de la sorte? Je ne le pense pas. Et pour moi qui travaille au contact d'enfants depuis plus de 20 ans et donc de leurs parents hétérosexuels, je peux sans me tromper affirmer que la défiance (et non plus la haine des homos) est encore grande. Et pourtant, je sais avec tout autant de certitude que les homosexuels peuvent être tout aussi bons éducateurs que les hétéros. Car l'éducation n'est pas une question d'orientation, de choix de sexualité, mais bien une question d'intelligence de bon sens et avant tout d'amour de l'autre à offrir en partage.

En m'exprimant de la sorte, je sais que je vais m'attirer les foudres de tous ceux et celles que j'égratigne plus haut. M'en fout! Je revendique le droit à la différence en même temps que celui à l'indifférence. Et je veux bien être traiter de « pédé homophobe » puisque la grande tendance ces derniers mois, lorsque comme moi on rejette les codes, les normes d'une communauté branchée qui ne vit pas dans la réalité mais sur une autre planète, est de stigmatiser ceux qui revendiquent le droit à l'anonymat.

Notre image, la façon dont nous perçoivent les hétéros n'est pas prête d'évoluer tant que l'on restera figé sur la Fierté Gay et ce bariolage hétéroclite de tenues excentriques. Et je n'oublie pas Stonewall. Ni l'étoile rose. J'espère simplement plus de raison. De maturité. Moins d'effets. Plus de fond et moins de forme. Pour entrer dans la vie.

Commentaires

Bravo monsieur !! Il faut plus de personnes comme vous qui exprime ce sentiment ! Des millions de personnes commes en Enrope se refusent d'être assimilées aux manifestations orchestréés par quelques associations. Et encore plus de millions, partout dans le monde veulent la même chose : qu'on les laisse tranquilles !
Suite à l'aggression à Notre-Dame-de-Paris par quelques militants d'ActUp, certains en ont profité pour, une nouvelle fois, accuser tous les homosexuels de prosélitisme et d'exhibitionnisme...
Qu'est ce qu'on peut dire à part ... monde de merde ?

Ecrit par : mexen | 27.06.2005

j'avoue que je suis maintenant totalement paumé sur la question... je me reconnais dans tes propos et en même temps, je ne peux pas m'empêcher de penser que ma position serait un peu différente si j'étais plus épanoui... quelle est la part d'aigreur dans mes positions ?

Ecrit par : le hérisson | 27.06.2005

Dis donc Blog ... Appart ! t'as l'air de t'excuser d'écrire ce que tu écris ? Mais tu as bien tort ! Tout ce que tu dis, c'est du simple bon sens et ça fait vraiment du bien de le lire. Puis je te demander de continuer. La musique que tu précosnies n'est pas mon truc bien que la musique, celle que j'appelle la vraie par provoc, soit mon carburant quotidien. Mais la musique de tes mots, faut y aller - merci

Ecrit par : Didier | 28.06.2005

Les commentaires sont fermés.