25.07.2005
"Paris by night": Le début de la fin
PBN est l'un des meilleurs albums de Patrick Juvet. Le dernier avant la déplorable période de créativité disco sous la férule de Morali Belolo.
C'est aussi le troisième co écrit avec Jean Michel Jarre après « Love » en 74 et « Mort ou vif » en 76. Entre temps, il y aura eu « Chrysalide » co écrit avec Daniel Balavoine qui était à l'époque son choriste attitré. Mais revenons en 1977!
L'album démarre par le hit interplanétaire « Où sont les femmes », hymne à l'indéfinition des sexes, des genres comme on dit aujourd'hui tout comme le furent avant « Unisex » et « Love ». Le blondinet suisse n'ayant jamais opté pour un sexe au détriment de l'autre (il s'affirme bi...), cette chanson confirme les convictions de l'artiste tout en rendant hommage à une certaine image de la femme. Suit « Paris by night » où les errances d'un nightclubber à travers la ville lumières aux ambiances interlopes. Les deux titre s'enchaînent dans une rythmique pré disco, matinée de soul et d'électronique. Ce qui faisait déjà la différence avant l'uniformisation du rythme disco: basse, grosse caisse, charleston... Nivellement binaire ad libitum! Il y avait là une recherche, une inventivité qui annonçaient clairement la carrière internationale de Jarre fils. En même temps que sa marque de fabrique.
« Pas assez de toi » offre une languissante ritournelle aux mots légèrement désabusés tandis que « Jessica » se propose comme une fraîche balade sans prétention. C'est avec « Les bleus au coeur » que Patrick Juvet montre ses talents de mélodiste. Quant aux mots justes de Jarre auteur, ils viennent conférer à ce titre son statut de hit de l'été 77. « Le fantôme d'Hollywood » sonne résolument rock pour laisser place au corrosif « Mégalomania » sur fond de tango électro.

Pour moi, PBN est un album somptueux. Magnifique. Riche et finement travaillé à quatre mains. Après, le chanteur à minettes qui se laissa pour un temps heureusement influencer par Bowie, n'écrira plus rien de digne. Cet artiste aurait pu incarner le renouveau de la chanson française en cette moitié de seventies s'il n'avait céder aux sirène assourdissantes du disco naissant. Pour sombrer et ne jamais renaître sauf dans les soirées revival d'une petite discothèque de province... Dommage!
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19.06.2005
"Comme je suis": Docteur funk, une piqûre de rappel, STP!
En attendant la prochaine galette numérique de notre frenchie funkman, 9 titres inédits en plus d'un best of, c'est pas si mal. D'accord, rien de vraiment nouveau! Mais bon! Après « Comme je suis » et son groove d'enfer suit « Family disaster » et sa rythmique tout aussi groovie. Moi ça m'va... Et ça dure après! Y a qu'à écouter « Monnaie » pour s'en convaincre.
Les cuivres et les cordes sont orchestrés magistralement. Les choeurs impeccables. Ça fleure bon les 70'... « Les rues de San francisco », « Starky et Hutch », les pantalons pattes d'ef, une certaine insouciance... C'est rafraîchissant. Revigorant en ces temps troublés.
Y en a peut-être qui trouve que notre Supernova Superstar se la coule douce? Ou se la joue?
Allez, j'suis sûr que Mathieu nous surprendra en 2005. C'est le prénom qui veut ça!
15:57 Publié dans Music made in France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.06.2005
"Samouraï": L'album!
Somptueux! Abouti! Grandiose! Magistral! Et pas question de sepuku... pour ce samouraï là!

Une succession de titres sans reproche ni faute de goût. Avec des perles telles que « Merci John d'être venu » célébrant un mariage hypothétique auquel les Fabs Four auraient été conviés. Ou encore le langoureux « Tant pis si j'en oublie », sorte de revue non exhaustive des icônes pop rock de la scène 70' avec un final de slide guitare tout en finesse. A ne pas oublier non plus, l'épique « Pour que demain ta vie sois moins moche » à l'orchestration somptueuse. Et les génialissimes « Cimetière des baleines » et « Samouraï » courts, efficaces, enlevés. Rock tout simplement!
Il n'y a rien à mettre au rebut dans cet album co écrit avec Boris Bergman qui s'illustrera par la suite aux côtés de Bashung. C'est le disque référence de Christophe pour les seventies, accompagné par la fine fleurs des musiciens de studio.
17:50 Publié dans Music made in France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musiques
"Les mots bleus": Le dernier des grands compositeurs de pop à la française
Voilà un album qui ne contient pas moins de 3 tubes qui ont marqué une époque. Celle de mon adolescence. Les slows langoureux dans les bras des filles dans un coin de garage... Les jukes-boxes des café du port de La Rochelle qui crachaient à tue tête « Senorita »... Ça ne nous rajeunit pas, les amis!
Le titre éponyme qui démarre l'album avec flamboyance, majestuosité, virtuosité est probablement le plus beau des titres écrits par Christophe. Les musicos qui accompagnent le petit blond, tous requins de studio émérites, assurent et n'ont rien à envier aux great britons.

A aussi ma préférence le nostalgique « Drôle de vie ». Piano et sobriété. Et sincérité: « Pourquoi faut-il cacher ses larmes quand on vieillit... » susurre l'artiste. Aujourd'hui plus qu'hier, ses mots me bouleversent. Quant à « La mélodie », c'est un ravissement de singularité et de puissance. « Le petit gars » me touche aussi avec ses langueurs dans la voix, son côté désespéré et son climat électriquement lourd. Et que dire des « Mots bleus »! Le summum! Le style! Le grand art! La touche du Bevilacqua amoureux fou des femmes, des bagnoles, des jukes-boxes et d'une certaine imagerie US, celle des 50'.
Allez, si vous ne connaissez pas encore Christophe, oubliez « Aline », « Les marionnettes » et autres chansonnettes de la première carrière de cet auteur compositeur aussi rare que talentueux. Laissez-vous bercer par cet album indispensable et incontournable de la chanson française.
Mais pourquoi tant d'économie de moyen dans la réédition? Pochette hideuse, ni livret ni infos. Juste le minimum. Et c'est bien peu... L'homme aurait mérité mieux!
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"Longue distance": Un appel longue distance
Voilà un nouvel album bien étrange. Qui ne sonne pas comme un album classique de la belle Véro! D'abord parcequ'elle partage la composition des 15 titres avec plusieurs compositeurs qui sont assez éloignés de son style reconnaissable à cette frappe si particulière de son piano. Néverseuse et passionnée. Ensuite parcequ'il semble emprunt d'une désillusion noire. Comme désabusée par une vie aux vicissitudes destructrices. Comme un ultime appel au secours. Mais pourquoi donc ce sentiment étrange?
Bien sûr, il y a du swing, du blues et de splendides ballades au piano. Mais je reste sur ma faim. Sans savoir pourquoi. Même si cette voix magique et chaude qui carracole reste indéniablement présente. Forte et sensuelle. Puissante et sentimentale.

Alors j'adore "Juste un peu d'amour" écrite par son vieux complice Bernard Swell. Une bouteille à la mer. Une bouteille à l'amour, cette chanson sans prétention. "Y a quelque chose là-dessous" qui flirte avec des réminissences du sompteux album "Vancouver" renoue avec le passé prestigieux d'une auteur-compositeur-interprète inspirée et ravageuse. Idem pour "Les faux magiciens", deuxième chanson écitre en solo. Et là j'aime vraiment. Il y a de la consistance. Du vécu et des tripes balancés avec audace et frénésie. Et là, le charme opère. De nouveau je m'emballe et tombe en pâmoison face à "La douceur du danger". Le meilleur de Sanson est bien là. "De bric et de broc" le confirme.
J'en suis à ma troisième écoute. Et le plaisir revient. Petit à petit. Comme si il avait manqué au cours des dernières années le goût de l'authenticité. De la sincérité. Enfin retrouvé. Evidemment!
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"Le beau bizarre": Rock Monsieur!
Avec cet album sorti à la fin des 70', le dernier des Bevilacqua tourne la page du rock sous influence progressive.
Avec J M Jarre, il avait commis les géniaux « Les mots bleus » et « Les paradis perdus » avant le somptueux « Samouraï » co écrit avec Boris Bergman, l'homme de Bashung.
Emphatiques, symphoniques, magistralement orchestrés, avec textes et univers oniriques, les compères nous baladaient dans la suavité des 70' naissantes post baba cool. Et c'était jouissif!

Rejoint par Bob Decout, il nous concocte un album résolument rock. Basique! Basse, guitare, batterie, piano et quelques envolées de cuivres acérés. Du côté des mots, l'ironie suprême, l'humour noir, grinçant un peu désabusé nous transportent d'un personnage à l'autre. Tous un peu looser et anti héros en cette fin de décennie matinée de punk. « Un peu menteur », « Le héros déchiré », « Histoire de vous plaire », « Le beau bizare », « Ce mec lou »... Voilà une galerie de portraits qui colle bien à son époque aux affres punkoïdes.
Un album indispensable! Dommage que cette réédition ne profite pas des pochettes originelles et de quelques infos supplémentaires. On sait l'artiste discret. Mais pingre, non? Alors auprès de qui se plaindre du packaging?
17:45 Publié dans Music made in France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musiques
"Michel Jonasz": De la nostalgie... tout simplement
Encore et toujours. Portée par des textes simples, concis, aux mots justes. Inspirés aussi. Avec ses clins d'oeil galipettes qui sauvent de l'ennui. Car rien n'est triste à mourir. Et puis le grand retour du swing absent du précédent album. Ce qui reste malgré tout la marque de fabrique du bonhomme.
« Le mal de toi », « Le dîner s'achève » où la fin de quelque chose comme l'amour qui s'éteint au quotidien. Petit à petit. A petit feu! « Elle vient de Barcelone » et la voix toute en vibratos qui module une langueur catalane. Le swing sensuel de « La femme du parfumeur » et l'hommage à un gros nommé Domino avec « J'ai swinguer... toute la nuit ». Ou encore cette fantaisie rafraîchissante qui se nomme « Le cha cha cha ». Et tranquillou, l'album se clôt sur une chanson acoustique à propos des artistes et justement intitulée « Les artistes ». Eh! En final, une envolée lyrique, intense, émotionnelle avec « Celui qui t'aimait c'était moi ».
Voilà un bel album. Sans fioriture. Sans plus!

Qu'on me pardonne, mais je trouve que l'artiste a perdu un peu de sa magie. Celle qui le rendait irrésistible dans les 80'. A quand donc un album magistral comme « La fabuleuse histoire de Mr Swing »?
17:35 Publié dans Music made in France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musiques
"Rodéo": Western élégant
Ça commence avec « Dolce vita »et la nonchalance des regrets d'une vie qu'on ne vit pas où les illusions d'un couple en stand by affectif. En écho, « Excuse-moi » fait référence aux petits tracas quotidiens de la vie à deux avec cet humour gentiment écorcheur de la dame en sari. Philosophe, elle le devient avec « La pluie et le beau temps » qui fait référence à l'indispensable équilibre des forces contraires. Opposées. Le yn et le yang. Il y a aussi de la légèreté électro funk avec « Toc, toc, toc » et ce désir des femmes; désir d'homme plus loup que prince charmant. Zazie se fait alors explicite: « Entre donc et mange moi! » Jamais à court de mots et de sens véritable. Et comment oublié « Rodéo », le titre éponyme de l'album qui raille les poor lone some cow-boys, ces anti héros qui se complaisent dans le minable et le pitoyable.
Si la maternité à quoi que ce soit à voir avec cet album évolutif, c'est dans l'équilibre entre révoltes et sérénité. Sûrement pas dans la résignation. C'est peut être cela qu'on appelle la maturité. Celle d'une artiste complète, intègre et généreuse.
Et de générosité, il est ici question avec le dvd et ses clips. Réalisation haute en couleurs et chorégraphies kitch. Splendeurs des sites et décors naturels. Scénario accompli qui donne l'impression d'une mini comédie musicale façon Bolliwood. Les making of et commentaires de Zazie à propos des efforts fournis pour retransmettre l'authenticité d'une culture riche et hermétique pour nous autres occidentaux. Et cette réussite qu'est la ré orchestration de 3 anciens titres avec des musiciens indiens. La qualité du travail fourni est identique à celle de Plant et Page avec leurs album « No quarter ».
N'oubliez surtout pas de vous connecter au site de la belle via l'open disc. Vous pourrez télécharger 3 fonds d'écran magnifiques. Si c'est pas cadeau...
Il y a de la classe, du style et de la noblesse chez cette femme. Mais ça, on le savait déjà.
17:35 Publié dans Music made in France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musiques
"Passe-moi l'ciel": Magifique
Cela faisait... tant d'années que j'attendais un nouvel album de Catherine Lara. Un album de chansons. Qu'elle interprète. Enfin il est arrivé et il est magnifique. Poétique. Hors du temps. Hors mode. Personnel. Intimiste.

Elle y parle de ses amours, de ses passions, de ses coups de coeur en chantant ceux de monsieur ou madame tout le monde. Avec simplicité et sincérité. Avec cette voix éraillée. Comme une vie trop vécue dans les excès. Enfin posée. Rassérénée.
« La traversée du désir », « La vérité sort de a bouche du métro », « S'offrir pour être belle » autant d'hymnes à la poésie d'une vie bien remplie par les sentiments offerts et reçus.
Musicalement, l'inspiration est présente avec des arrangements sans fioriture. Au service du texte et de l'intensité dramatique.
Merci Catherine pour ses deux beaux albums en l'espace de quelques semaines!
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"Graal": Épique ou rien
Musicalement irréprochable.
Même si à mon goût il manque à cet album les envolées pop rock qui se mariaient si bien aux sonorités et arrangements classiques des « Romantiques ». Quant à l'univers celte des 12 titres, il est bouleversant, entraînant, sensible, envoûtant. Les voix sont magnifiques, irréprochables. Mais seulement 12 chansons pour retracer l'épopée du « Graal » et des « Chevaliers de la table ronde », c'est un peu court.
La grande Catherine est de retour! Et c'est jouissif. Pourquoi se fait-elle donc si rare? Gageons que si ce spectacle est monté (puisque tel est le concept de départ), Catherine nous sortira d'autres titres de derrière les fagots. Pour que le plaisir soit encore plus grand.
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